
Le tracteur et le Turner Le compostage sur le site de production « Biologique » de VREL est une science. L’idée était de s’inspirer des possibilités locales afin de préparer un compost qui servirait d’engrais aux bananiers. De nombreux essais ont été conduits afin de mettre au point le meilleur compost. En 2005, le compost produit permet d’amender tous les bananiers et d’en vendre une partie aux producteurs de mangues issues de l’agriculture biologique dans le nord du Ghana.
Bram van Iersel est un étudiant Hollandais qui a commencé les essais à VREL et a passé 6 mois sur place en étant immergé dans ce projet d’agriculture biologique depuis le début et avec l’aide d’AFAD (AgroFair Assistance et Développement) et l’équipe de direction de VREL.
En 2001 un mélangeur a été importé des Pays-Bas, ce qui permet de malaxer 8 tonnes de compost chaque jour. Maintenant, les opérations ce sont complexifiées et deux mélangeurs ont été fournis par AFAD d’une capacité de production de 100 tonnes par jour pour chacun d’entre eux.
Les essais ont permis de mettre au point cette recette:
- Des mauvaises herbes sont récoltées sur le fleuve par des pêcheurs en bateau puis amenées par camion sur le site de VREL.
- Puis de l’argile est mélangée et apporte au compost des micro-organismes ainsi que les bactéries nécessaires au processus de fermentation. Il est indispensable d’amender les sols afin d’apporter des nutriments aux bananiers. L’argile ajoutée sert aussi à retenir l’humidité et à stabiliser ce compost.
- Enfin du fumier de vaches alimentées avec des produits issus de l’agriculture biologique est apporté. Le fumier permet d’augmenter le taux de matière organique dans les sols, d’en augmenter leur fertilité et de leur procurer une meilleure tenue et une meilleure capacité de rétention de l’eau.
- Des déjections de poulets alimentés avec des végétaux « Biologiques » amènent de l’azote supplémentaire.
- De la bagasse (des résidus de canne à sucre) apportent des sucres et de nombreuses bactéries.
- Des écarts de régimes de bananes
- Des copeaux de bois ainsi que de la balle de riz afin d’aérer le compost.
- Des écorces de fèves de cacao

L'équipe d'ouvriers devant compostage. Les mauvaises herbes récoltées sur le fleuve représentent environ 75% des apports. Ces herbes se trouvent en abondance sur le fleuve et dans le grand lac et représentent en fait une nuisance car elles obstruent l’accès au fleuve et gênent les pêcheurs. Ces herbes attirent aussi les moustiques, vecteurs du paludisme. Leur abondance assure à VREL de nombreuses années d’exploitation. Ces herbes sont mélangées aux autres ingrédients dans les mélangeurs. Ce compost est ensuite placés en andains (de longues bandes) qui sont recouvertes d’un tissu d’ouate qui empêche l’eau de s’infiltrer et permet au compost de respirer. Les andains sont aspergés avec l’eau d’irrigation et l’on s’assure qu’ils ne sont ni trop secs ni trop humides. Dès que le compost fermente, la température augmente. La première semaine, la température augmente jusqu’à 65°à 75°C et permet d’éliminer tous les organismes pathogènes provenant du fleuve. Ensuite, le processus de fermentation se ralentit et les micro-organismes interviennent. Les andains sont ensuite mélangés afin d’aérer le compost et de faire chuter sa température. Quand le compost est prêt, il a sa couleur caractéristique noire et sent comme l’humus des forêts. Il ne doit pas être possible d’y distinguer les éléments qui entrent dans sa composition. Ce processus de compostage prend de 8 à 10 semaines.
Des quantités importantes de résidus de bananier sont utilisées afin d’amender les sols. Après la récolte, le bananier entier est haché et est utilisé en paillage ou entre dans la composition du compost. Le paillage permet de limiter l’évapotranspiration, apporte des éléments nutritifs au sol, empêche la pousse des adventices et limite l’érosion.